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Le même discours passéiste continue de circuler au sujet des pesticides



J’aimerais revenir sur le numéro de La Vie Agricole du mois d’avril 2019 et remettre en perspective certaines idées qui y ont été véhiculées.

Le même discours passéiste continue de circuler au sujet des pesticides. D’un côté, ceux qui accusent les gauchistes environnementalistes d’apeurer la population  avec une catastrophe environnementale imminente et de l’autre, ceux qui crient à la diffamation dès qu’un journaliste pose des questions sur l’utilisation des pesticides. Tout çà ne contribue qu’à noyer le poisson et éviter le problème qui est à la base de tout ce remue-ménage agricole i.e. la sur utilisation, en prophylaxie, de pesticides systémiques.

Tout le monde le sait, les abeilles jouent un rôle essentiel dans la production de nombreuses denrées agricoles. Au Québec, moins d’une centaines d’apiculteurs commerciaux créent des retombées de plusieurs centaines de millions de dollars annuellement dans la seule province du Québec. La contribution des abeilles domestiques aux cultures importantes au Canada en 2013 est estimée à plus de 2 milliards de dollars. Un si petit insecte avec une longévité d’à peine 35 jours nous permet des retombées monétaires astronomiques qui profitent à tous les producteurs agricoles québécois et canadiens. Tout çà vient avec une responsabilité qui touche aussi toutes les productions agricoles, celle de la protection de l’environnement de nos pollinisateurs. Si les pollinisateurs sont mis à mal par des pratiques  agricoles révolues, il est de notre devoir de forcer une révision en profondeur des techniques utilisées. N’en déplaise à quelques-uns, la seule constance dans ce monde est le changement et il est grand temps que le vent du changement souffle sur l’utilisation des pesticides.

Plusieurs études sur les rendements en champs avec ou sans pesticides remettent en doute la rentabilité de l’utilisation automatique des semences enrobées de pesticide. Les agriculteurs seraient donc les premiers à profiter d’une réduction des coûts liés à l’utilisation de pesticides inutiles. Qui dit réduction des coûts dit aussi amélioration de la compétitivité, un thème cher à plusieurs intervenants. Les apiculteurs vont donc aussi profiter de la nouvelle commission parlementaire sur les pesticides pour faire valoir un point de vue différent mais aussi moderne, viable et surtout logique de l’utilisation des pesticides

Julie Fontaine 

Comité des pesticides

Fédération des Apiculteurs du Québec