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Commission sur les pesticides: L’heure des constats

Yannick PATELLI ,

Marc Dion sous-ministre en chef, MAPAQ

Hier lors de la Commission sur les pesticides qui connaissait sont premier jour, le ministère de l’Environnement a reconnu que les 15 pesticides qu’on retrouve dans l’eau ont des impacts. Le ministère de l’Environnement passait devant les députés après l’ARLA (Agence de Réglementation de lutte antiparasitaire) qui elle, de son côté, a démontré la sécurité dans l’utilisation des pesticides au Canada.

Le ministère de l’Environnement a reconnu que les analyses sont faites avec des outils intégrateurs qui ne permettent pas de déterminer si c’est un pesticide ou un autre qui a le plus d’impact.

Lors de la période de questions, Marie-Louise Tardif, députée caquiste a déclaré : «J’osais  croire que le fait qu’un certain nombre d’agronomes membres de l’Ordre des agronomes iraient jusqu’à prescrire des pesticides était faux. C’est donc vrai. Cela m’inquiète. Quel est l’impact sur l’agriculture. À qui on peut faire confiance?», a-t-elle dit, dévoilant une certaine naïveté.

Elle a ensuite demandé s’il est utopique de croire qu’un jour il n’y aura plus de pesticides au regard de la compétitivité de l’agriculture. Ce à quoi le ministère a simplement dit : «C’est une question d’équilibre. On ne voit pas le jour de la fin des pesticides.»

Pascale Montpetit, députée libérale a demandé quant à elle qu’elle est la proportion des pesticides utilisés pour les produits destinés à l’alimentation humaine versus animale sur les 4,1 millions de pesticides utilisés par année au Québec. Le ministère de l’Environnement a chiffré l’utilisation des pesticides à 80 ou 90% dans le milieu agricole et en grande majorité pour les grandes cultures, mais a déclaré ne pas être en mesure de distinguer clairement l’utilisation des pesticides pour la partie alimentation humaine.

L’atrazine encore prescrite

Ensuite le ministère a dévoilé que 127 agronomes sur 435 en 2018 ont prescrit de l’atrazine, mais que ce produit était prescrit en majorité par une quinzaine d’agronomes. Pascale Montpetit a voulu savoir quelles mesures sont prises contre ces agronomes et si ces agronomes avaient des liens particuliers avec des entreprises ? «Selon nos informations obtenues de l’Ordre des agronomes du Québec, oui,  il y a des liens pour ces 15 agronomes avec des distributeurs et / ou des compagnies…» de préciser le ministère.

Suite aux questions de la députée de Québec solidaire et du député péquiste sur la qualité du travail du fédéral, «On est assez bien servi par les études fédérales. Oui on doit se fier au travail du fédéral», de préciser le ministère de l’Environnement.

Les consommateurs en contradiction avec les citoyens !

Marc Dion, sous-ministre en chef du MAPAQ, a déclaré d’emblée lors de la présentation du ministère de l’Agriculture : «Les agriculteurs n’utilisent pas les pesticides par plaisir, mais par souci de rentabilité.» Mais il s’est voulu rassurant dans la foulée en précisant : « On veut doubler les superficies en culture bio d’ici 2025 et on y arrivera d’ici 2023.»

Il a ensuite rappelé que le MAPAQ soutient les producteurs par des formations, mais qu’il faut être conscient que « les attentes des consommateurs peuvent être parfois en contradiction avec les attentes des citoyens».

Sur le financement des centres de recherche, il a rappelé que jusqu’aux années 90 le MAPAQ faisait de la recherche en interne gérant même des fermes expérimentales. « Le gouvernement a transféré ses mandats à des organismes à  but non lucratif. Le but était d’accélérer les connexions de la recherche avec les producteurs», a-t-il dit.

Toutefois il a rappelé qu’au cours des deux dernières années 125 projets ont été financés pour un montant 17,4 millions de dollars accordés par le MAPAQ juste pour la recherche sur les pesticides.

Marc Dion a aussi rappelé que « la meilleure solution est de laisser les centres de recherches en compétition».

 

 

Marie-Louise Tardif, députée caquiste