RSS
Vue Mobile
| Abonnement | Journal virtuel
CLD Napierville Autosuffisance bandeau

Commission sur les pesticides: Bayer pourrait prendre part au dialogue qui se prépare au Québec !

Yannick PATELLI ,

Bayer Crop Science n’a pas peur de parler et envisage de prendre part au dialogue qui se dessine au Québec dans la cadre de la Commission sur les pesticides, c’est ce que Ginger Rozmus, responsable des communications pour la compagnie nous a confié. Et en attendant, c’est à La Vie agricole que la compagnie a donné une deuxième entrevue ce printemps.

Yannick Patelli: Selon vous, quelles sont les principales raisons pour lesquelles les producteurs agricoles devraient continuer d’utiliser le glyphosate?

Ginger Rozmus: Le glyphosate est un herbicide polyvalent utilisé par les fermiers, les gestionnaires de terres et les jardiniers pour limiter la végétation indésirable de façon simple, sécuritaire et efficace. Utilisés de manière sécuritaire depuis 40 ans, les herbicides à base de glyphosate, jumelés aux cultures tolérantes au glyphosate, simplifient la suppression des mauvaises herbes grâce à un ingrédient actif à action générale et à faible toxicité facile à utiliser, qui contribue à réduire la main-d’œuvre dans les ménages agricoles. Les herbicides à base de glyphosate ont également permis d’abaisser les obstacles à l’adoption d’une pratique de conservation des sols, laquelle aide à préserver la matière organique et la qualité de l’eau, et à réduire les émissions de dioxyde de carbone. L’utilisation d’herbicides à base de glyphosate est appuyée par l’une des plus vastes bases de données mondiales portant sur un pesticide et ses effets sur la santé humaine et l’environnement. Les études toxicologiques approfondies ainsi que les études du devenir dans l’environnement menées au cours des 40 dernières années ont démontré à maintes reprises le solide profil d’innocuité de cet herbicide dont l’emploi est largement répandu. Le glyphosate présente une faible toxicité pour les humains et les espèces non végétales, que l’exposition soit de courte ou de longue durée. Il ne cause pas le cancer et ne perturbe pas le système endocrinien. Dans l’environnement, le glyphosate se lie étroitement avec la terre, se dégrade avec le temps et ne s’accumule pas dans la chaîne alimentaire. Pour toutes ces raisons, et bien d’autres, le glyphosate constitue un outil à la fois nécessaire et bénéfique pour la production agricole.

YP: Quels sont les risques de recommencer à utiliser d’autres produits plus nocifs pour le sol?


GR: Le glyphosate favorise la durabilité environnementale et économique en agriculture. Sa polyvalence a révolutionné la suppression des mauvaises herbes dans une grande diversité de milieux. La capacité du glyphosate à éliminer la végétation indésirable de façon efficace offre des avantages qui profitent tant aux exploitations agricoles individuelles, qu’au commerce mondial, aux parcs nationaux, aux terrains de golf, aux gouvernements locaux et aux jardiniers. C’est d’ailleurs pour ces raisons qu’on lui a décerné le titre d’« herbicide du siècle ». Depuis le milieu des années 1990, l’utilisation d’autres herbicides a connu une baisse alors que celle du glyphosate est à la hausse. Kniss (2016) a indiqué que de deux à trois applications de glyphosate sur les betteraves tolérantes au glyphosate remplaçaient de quatre à six herbicides différents appliqués de trois à six fois par année, à des intervalles de cinq à dix jours, lesquels pouvaient même endommager les betteraves dans certaines conditions environnementales.

YP: Plusieurs syndicats et producteurs sur le terrain affirment que le glyphosate est utile pour la production de masse nécessaire à la population mondiale, et qu’il est beaucoup moins dangereux que les pesticides qui étaient utilisés dans le passé. Bayer croit-elle aussi que le glyphosate est l’un des pesticides les plus sécuritaires?

GR:Nous croyons que le vaste corpus de recherches (800 études menées sur plusieurs décennies), les 40 années d’expérience en situation réelle et les conclusions des responsables de la réglementation dans le monde, notamment l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA), l’Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’Agence européenne des produits chimiques (AEPC), l’Institut fédéral allemand pour l’évaluation des risques (BfR), les autorités réglementaires de l’Australie, de la Corée, de la Nouvelle-Zélande et du Japon ainsi que la Réunion conjointe FAO/OMS sur les résidus de pesticides (JMPR), confirment que les produits à base de glyphosate sont sans danger quand on en respecte le mode d’emploi. Par ailleurs, l’évaluation du risque de cancer effectuée en 2017 par l’EPA, après la publication de la monographie du CIRC, a examiné plus de 100 études jugées pertinentes et conclu que le glyphosate n’était pas susceptible d’être carcirogène chez l’humain, cote la plus favorable de l’EPA.

 

YP: Bien que l’on présente le glyphosate sous un jour défavorable, bon nombre d’organismes de partout dans le monde ne le considèrent pourtant pas comme nocif pour la santé humaine. Comment expliquez-vous que l’on s’attaque continuellement à ce pesticide dans les médias alors que certains experts affirment que le glyphosate possède un avantage majeur par rapport aux autres pesticides, puisqu’il ne laisserait aucun résidu? Le glyphosate serait-il le meilleur allié pour une transition écologique?

GR :Le glyphosate présente une faible toxicité pour les humains et les espèces non végétales, que l’exposition soit de courte ou de longue durée. Il ne cause pas le cancer et ne perturbe pas le système endocrinien. Dans l’environnement, le glyphosate se lie étroitement avec la terre, se dégrade avec le temps et ne s’accumule pas dans la chaîne alimentaire. Malgré ce solide profil d’innocuité, beaucoup de renseignements erronés circulent au sujet du glyphosate; un examen rigoureux des diverses allégations a démontré qu’elles n’étaient appuyées par aucune donnée reproductible.

YP : Gilles-Éric Séralini, lui-même pourfendeur des OGM et de Roundup, nous a révélé, dans le cadre d’une entrevue vidéo, que le glyphosate n’était pas le composant le plus dangereux de Roundup. Qu’est-ce que cela inspire à Bayer? Bayer devrait-elle revoir la communication de produits de façon à distinguer le glyphosate de Roundup?


GR: Toutes les préparations d’herbicides à base de glyphosate offertes sur le marché ont été évaluées et approuvées par les organismes de réglementation afin d’en assurer l’innocuité lorsqu’ils sont utilisés conformément au mode d’emploi. En plus de la réalisation d’analyses sur les ingrédients actifs, comme le glyphosate, l’EPA exige la soumission d’un ensemble considérable de données ainsi qu’une évaluation rigoureuse des risques avant qu’un ingrédient inerte, comme un surfactant, puisse être approuvé dans la préparation d’un pesticide. Des responsables de la réglementation ont évalué de façon spécifique l’innocuité de la classe de surfactants utilisés dans les herbicides à base de glyphosate. En 2009, l’EPA des États-Unis a conclu que ces surfactants n’étaient pas carcinogènes. En plus des analyses distinctes de l’ingrédient actif et des surfactants, l’EPA ainsi que d’autres organismes de réglementation exigent que des analyses soient réalisées sur les préparations afin d’en assurer l’innocuité.

Il est également important de mentionner que la plus vaste et la plus récente étude épidémiologique – l’étude indépendante Agricultural Health Study financée par le National Cancer Institute achevée en 2018 qui a été menée auprès de plus de 50 000 applicateurs de pesticides titulaires d’un permis durant plus de 20 ans – a révélé qu’il n’y avait pas de lien entre les herbicides à base de glyphosate et le cancer. Les résultats d’études épidémiologiques comme celle-ci sont significatifs, car ils portent sur les effets d’une exposition « en situation réelle » à la préparation, en plus de tenir compte des facteurs confusionnels, comme une exposition à d’autres produits chimiques.

 

YP: Bayer a acheté Monsanto et, depuis, Monsanto a fait l’objet de plusieurs condamnations concernant l’utilisation de Roundup. Bayer avait-elle soupesé les conséquences judiciaires avant la transaction?

GR: Bayer a fait preuve de diligence raisonnable en ce qui concerne tous les aspects de l’acquisition de Monsanto. Étant donné que la structure d’acquisition était le rachat d’une entreprise cotée à la bourse, l’accès à l’information était limité, comme c’est habituellement le cas dans de telles situations. Au moment de l’acquisition, aucune affaire n’avait donné lieu à un procès, et ce litige ne faisait que commencer. Bayer, par l’intermédiaire d’un avocat, a fait preuve de diligence raisonnable en ce qui concerne la gestion du litige et des problèmes de réglementation tout au long du processus menant à la finalisation de la fusion.

Enfin, nous croyons que les jurys et les tribunaux reconnaîtront la pertinence des données scientifiques appuyant l’innocuité du glyphosate et qu’ils se prononceront en faveur de l’entreprise. Toutefois, nous demeurons déterminés à nous défendre avec vigueur dans le cadre de ce litige dans l’intérêt de nos clients, de nos employés et de nos actionnaires.

YP: Comment Bayer réagit-elle à la récente condamnation qui la contraint de verser 2 milliards de dollars? La sanction est-elle exagérée?


GR: Bayer est déçue de la décision du jury et fera appel du verdict dans ce cas. En effet, celle-ci va directement à l’encontre de la décision provisoire concernant le réexamen de l’homologation du glyphosate de l’Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis publiée le mois dernier, le consensus des principaux responsables de la réglementation en santé dans le monde sur le fait que les produits à base de glyphosate peuvent être utilisés de façon sécuritaire et que le glyphosate n’est pas carcinogène, ainsi que les 40 années de recherches scientifiques approfondies sur lesquelles leurs conclusions favorables sont fondées.

Nous avons beaucoup d’empathie pour M. et Mme Pilliod, mais les preuves dans cette affaire démontrent clairement que les deux avaient des antécédents de maladie de longue date constituant d’importants facteurs de risque connus de lymphome non hodgkinien (LNH). La plupart des cas de LNH n’ayant pas de cause connue, il n’y a pas de données scientifiques fiables permettant de conclure que les herbicides à base de glyphosate constituent une « cause sine qua non » des maladies du couple, ce que le jury était tenu de faire ici.

Nous contesterons le verdict et les dommages en présentant des requêtes après jugement ou porterons la décision en appel à la Cour d’appel de la Californie, ou possiblement les deux. Les arguments que nous prévoyons présenter en cour d’appel reposeront sur le fait que les données scientifiques fournies lors du procès ne constituent pas de preuves valables démontrant que Roundup serait la cause probable des cancers des plaignants, que la formulation d’une nouvelle mise en garde n’est pas fondée étant donné le consensus international des responsables de la réglementation comme quoi Roundup est sécuritaire, et que la loi fédérale fait obstacle aux réclamations dans cette affaire. Nous sommes d’avis que le verdict rendu est non fondé, que les dommages-intérêts accordés sont excessifs et que les dommages punitifs sont foncièrement inconstitutionnels. La sanction des dommages-intérêts devrait être considérablement réduite, voire complètement retirée. Nos requêtes après jugement ainsi que notre appel du verdict Pilliod s’articuleront, entre autres, autour de cet élément. Les sanctions normalement associées aux dommages punitifs sont délibérément élevées en Californie, et ces dommages ne sont accordés que lorsqu’il y a eu « malveillance, oppression ou fraude ». Même lorsqu’il y a octroi de dommages punitifs, l’application régulière de la loi protège les citoyens contre les sanctions « manifestement excessives », comme c’est le cas ici.

(NOTE : cette réponse est tirée de notre foire aux questions)

YP: Une commission sur les pesticides a récemment vu le jour au Québec; Bayer prévoit-elle de prendre la parole pendant les audiences?

GR: Bayer est au courant de la tenue d’une consultation générale sur l’impact des pesticides au Québec et envisage des façons de prendre part à ce dialogue.

YP: En Europe, Le Monde et France2 ont publié que Monsanto/Bayer avait fiché plus de 200 personnes des domaines politique et journalistique selon leur opinion sur Monsanto, à savoir s’ils étaient des « alliés » ou des « ennemis ». Pouvez-vous assurer qu’une telle pratique n’a jamais eu lieu au Québec et au Canada?

GR: À cet égard, nous vous invitons à écrire à l’adresse christian.maertin@bayer.com

YP: Bayer est aussi l’une des plus importantes entreprises dans le secteur de la santé humaine. Quel est le principal message que vous aimeriez que les populations agricole et civile retiennent aujourd’hui?

GR: Bayer est une société internationale dont les principales activités sont concentrées dans les sciences de la vie, soit les soins de santé et la nutrition. Nos produits et services visent à améliorer le bien-être des personnes en soutenant les efforts déployés pour surmonter les défis de taille que présentent la croissance et le vieillissement de la population mondiale. Notre objectif est d’améliorer la qualité de vie des gens. Nos solutions aident les fermiers à répondre aux besoins alimentaires de notre population croissante, tout en permettant de préserver la santé et la durabilité de notre environnement, et nous améliorons la qualité de vie des gens grâce à la prévention et au traitement des maladies, et au soulagement des symptômes. La marque Bayer est reconnue partout dans le monde pour la fiabilité et la qualité de ses produits, et nous continuons de souscrire aux principes du développement durable.