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Le leadership en temps de Covid : la pandémie a le dos large !

Yan TURMINE, agr. ,

Yan Turmine

Nos Modèles économiques sont ébranlés par la pandémie de Covid 19, l’agriculture n’y échappe pas. Les effets sont multiples et sont parfois très difficiles à cerner. La pandémie a des effets qui, il y a à peine 3 mois, auraient été hautement improbables. On n’a qu’à penser aux fermetures d’abattoirs pour cause de maladie et à l’effondrement du secteur de la restauration. Dans ce chaos, certaines situations nous laissent sceptiques : le Covid semble avoir le dos large.

Pour justifier certaines situations, l’on met la faute sur la chaine de distribution qui a été fortement perturbée au début de la crise, il y a maintenant deux mois. Les gens continuent de manger, et les chaines d’approvisionnement ont eu le temps de s’adapter, pourtant l’on a encore des crises au niveau des prix des denrées agricoles.

Une des situations qui me laisse perplexe, c’est la situation des grands distributeurs (nos grandes épiceries). Leur situation financière durant la crise semble s’être particulièrement améliorée : tant mieux cela fera un secteur économique de moins à sauver!

Ce secteur a pris les mesures pour faire face à la crise : contrôle des personnes dans les magasins, désinfection accrue dans les magasins, augmentation des salaires des commis et l’on semble ne manquer de rien à part quelques exceptions : une belle réussite face au Covid.

Surtout que les patrons épiciers on dit publiquement qu’ils ne profiteraient pas de la crise. Après quelque temps un doute s’est installé, les spéciaux en circulaire semblent avoir disparu et la publication des résultats financiers montre que la période COVID semble jusqu’à présent assez profitable pour la grande distribution, tant mieux pour eux!

Pourtant cette profitabilité ne semble pas toucher tout le monde dans la chaine agroalimentaire, certains secteurs sont en crise, d’autres se promènent de bonnes en mauvaises nouvelles. Même si les causes des perturbations sont évidentes comme la fermeture d’abattoirs, les effets sont des fois surprenants et difficiles à expliquer.

L’histoire nous a malheureusement appris que lors de crises majeures, des changements interviennent, certains seront tentés de profiter indument de la situation.

En temps de crise, les gouvernements sont là pour éviter les abus et éloigner les profiteurs. Des systèmes de contrôle de prix, rationnement et jusqu’à la nationalisation de secteurs ont été des outils utilisés : cela prend du leadership, comme le gouvernement semble le démontrer jusqu’à présent.

Il est à souhaiter que le MAPAQ prenne aussi le leadership, afin de veiller que certains groupes ou individus ne profitent pas, au détriment des autres, de la crise de COVID dans le secteur agroalimentaire.

Profiter d’une situation est correct si cela est bénéfique à l’ensemble de la filière, mais cela prend le leadership du gouvernement pour faire la part des choses et prendre des actions d’aides ou de corrections.     

Une crise comme le Covid laissera des traces, bien entendu humaines et sociales. Elle a mis en évidence la fragilité des défis de notre population vieillissante, les solutions ne seront pas simples.

Des secteurs entiers de notre économie devront se réinventer, se rebâtir pratiquement entièrement, au prix de grands sacrifices : la restauration, le tourisme, les arts de la scène et bien d’autres.  L’agroalimentaire est un secteur qui devrait être relativement épargné, s’il y a une bonne gestion et un bon leadership : la raison est que les gens vont continuer de manger.